Balade en solo sur le vieux continent

Je m’en vais faire un tour sur le vieux continent, cette terre qui m’est pour le moment inconnue parce que mes pieds n’ont pas encore marché dans ses rues, mes yeux admiré ses couchers de soleil, ma peau senti sa brise du matin…

Publié par Plume féconde dans Aventures, 13 commentaires

Un matin pas comme les autres

Ce  matin-là, je suis resté dans mon lit. Ce n’était pas étonnant, car cela m’arrivait bien des matins. Mais, celui-là avait un goût particulier. Pas ce goût habituel de déjà vécu. Ni ce goût de ras-le-bol occasionnel. Ni ce goût de je-veux-simplement-rester-dans-mon-lit. En fait, je ne voulais pas rester dans mon lit. Je voulais faire quelque chose, ce matin-là. Puis les matins qui suivent. Surtout les matins qui suivent.

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Crédit photo: lazycookie.com/

Mes yeux fixaient le plafond, mais je ne le regardais pas. Mes pensées se bouillonnaient. Se brouillaient. Je les ai laissées couler  quelques instants, pour s’éclaircir. Je ne sais plus si ces instants étaient mesurables en minutes ou en kilomètres. Le temps et l’espace n’étaient devenus qu’un. Puis, d’un coup, j’étais revenu sur terre. C’était devenu clair.

C’était devenu clair que…

Ce matin-là était relié à un autre matin. Un matin où j’étais à bord de tout foutre en l’air, pour des raisons restées sombres. J’avais pris ma « retraite » du reste du monde. J’avais également fait de nombreux voyages – de courte durée – dans le temps et l’espace. Puis j’avais simplement repris mon train-train quotidien, comme si la matinée en question n’avait jamais existé. Ce matin-là était donc la suite de l’autre matin. Parce que le temps s’était arrêté depuis lors.

Pourtant, ce matin-là était bien différent. Je trouvais des réponses à des questions posées, l’autre matin. Je remettais en question des décisions adoptées, l’autre matin. Je tournais et retournais questions et réponses dans ma petite cervelle, me vidant et me remplissant, comme pour en faire un cocktail. Cette fois, je ne voulais pas faire semblant qu’un matin aussi crucial n’avait jamais existé.

J’ai voulu…

J’ai voulu partir. Mais je suis déjà parti. Très loin, même. J’ai voulu m’isoler dans le calme et le silence. Mais là, tout ce que je pouvais entendre, c’était mes propres monologues intérieurs. Mon mal de crâne en était le seul témoin.  J’ai voulu être libre et indépendant. Mais je l’étais entièrement, déjà. Si bien qu’on appelait ça « être imprudent ». J’ai voulu plus d’intimité, aussi. Mais là, j’en avais tellement que je pouvais me promener complètement nu dans mon appartement. J’ai voulu changé beaucoup de choses. Mais les choses avaient tellement changées, déjà, qu’elles étaient devenues méconnaissables.

C’est ce qui a rendu mes idées claires, ce matin-là. J’ai compris que j’avais eu tout ce que j’ai toujours voulu, pour être plus productif. Mais je n’étais pas plus productif. Ce matin-là, j’étais épuisé de chercher des excuses. Il y en avait plus. C’était clair.

C’était clair que…

J’avais plein d’idées mais j’étais devenu incapable de les accoucher. Je trouvais toujours la bonne excuse. Ma productivité était réduite à tout-remettre-à-plus-tard. Et la pile grossissait. Ce matin-là, elle était renversée.

Ce matin-là, j’ai pris conscience de tous les privilèges que j’avais, que j’aurais tant aimés avoir eu dans le temps, mais que je n’avais pas eus. Et pourtant j’étais beaucoup plus productif en ce temps-là.

Ça y est. J’étais devenu une autre personne. Chaque personne doit avoir sa propre méthode pour être productive. Ce qui a marché pour l’autre ne marchera pas forcément pour moi.

Ce matin-là, j’ai compris ce qui marcherait pour cette personne que je suis devenue. Alors je suis sorti de mon lit. Un peu comme l’autre matin, un peu comme tous les matins, mais avec la conviction d’être plus productif.

Publié par Plume féconde dans Quotidien, 2 commentaires

« Partir à tout prix »

Il fera peut-être une nuit chargée d’étoiles ou un matin sombre quand je mettrai les voiles.

Publié par Plume féconde dans En vers, 1 commentaire

Chez moi c’est… là-bas !

Vivre à New York est un privilège, je le reconnais. Mais, je ne cesse de me demander si j’ai fait le bon choix en quittant Haïti.

Publié par Plume féconde dans Journal d'un émigré, 2 commentaires

Je n’écris plus…

Je n’écris pas. Je ne fais que verser de l’encre sur du papier, remplir des pages blanches. Transmettre leur voix, tout en perdant la mienne.

Publié par Plume féconde dans Ecriture, 1 commentaire

Le mal de la page blanche

Je suis une plume féconde. C’est même difficile pour moi de faire « brève ». Lorsque coule l’encre de ma plume, c’est difficile de l’arrêter. Pourtant, ce robinet connait aussi des moments de sécheresse.
Avez-vous déjà connu la sécheresse en temps de pluie ? Permettez-moi de partager avec vous la suivante :

Les évènements se succèdent du matin au soir. Ils sont bouleversants, inspirants. J’ai l’impression que tout bouge avec magie autour de moi, que le monde s’affole. Mais c’est précisément la folie qui alimente ma plume. Dans ma tête, il y a toujours un récit sans fin. Des histoires entremêlées. Des fins heureuses. Des débuts choquants. Des idées originales. Innovation. Un jour je publierai des tas d’histoires…

Une photo de mon propre carnet de note.

Mon carnet de note.

Rien n’est plus beau que la liberté d’écrire. De faire ressortir ses plus profondes pensées. Sa conception des choses. Ça soulage. Ça libère. On ne peut être plus libre qu’avec une plume et un bout de papier. Libre… Oui, mais en ce moment précis, je suis prisonnier de mes pensées qui bloquent. Comme quand on veut tout faire à la fois, ou ne rien faire du tout.

Une capture de lécran de mon ordinateur.

Une capture de l’écran de mon ordinateur.

Je fais trois mots, puis je les efface. Je recommence trois fois de suite. Même résultats. Brusquement, j’ai faim. Je suis paralysé lorsque j’ai faim. Je ne peux plus penser, je peux plus écrire. Mais ce n’est pas très compliqué, il me suffit d’avaler un morceau…

Ça y est, c’est fait.

Je réussis cette fois-ci à faire une bonne phrase. Je la modifie trois fois. Puis je l’efface totalement. Je la réécris complètement. Maintenant, ce qu’il me faut, c’est un verre d’eau. J’ai certainement de quoi avoir soif.

Les idées tourbillonnent dans ma tête pourtant. Elles se multiplient même. Il me suffit de les accoucher… Mais, j’ai mal au dos. Je dois aller faire des exercices. Juste un moment.

J’y vais, je reviens.

Je recommence. Une dernière modification à ma « phrase ». Je me sens fatigué. Lourd. Je sue. Je m’imagine comment une bonne douche froide m’aiderait à baisser la tension…

Et hop sous la douche !

A présent c’est pour de bon. Plus d’excuses. Ma phrase se transforme péniblement en un paragraphe. Mais remplir toute la une page me semble encore lointain. Il est déjà minuit moins le quart. Et j’ai sommeil.

Je me relis une dernière fois avant de m’effondrer dans mon doux lit. Mille fautes. Du coup, j’efface tout… et la page reste désespérément blanche !

Publié par Plume féconde dans Ecriture, 1 commentaire
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